Le rôle défini par la Constitution
L'article 5 de la Constitution de 1958 confie au président de la République plusieurs missions : il veille au respect de la Constitution, il assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
Il est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs (article 6).
Les principaux pouvoirs du président
Les articles 8 à 19 de la Constitution détaillent ses pouvoirs. Les principaux sont les suivants :
- Nommer le Premier ministre et, sur la proposition de celui-ci, les autres membres du Gouvernement (article 8). Il met fin aux fonctions du Premier ministre sur la présentation de la démission du Gouvernement ;
- Présider le Conseil des ministres (article 9) et signer les ordonnances et les décrets délibérés en Conseil des ministres (article 13) ;
- Promulguer les lois dans les quinze jours qui suivent leur adoption définitive. Il peut, avant ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération, que celui-ci ne peut pas refuser (article 10) ;
- Soumettre un projet de loi au référendum, sur proposition du Gouvernement pendant les sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, dans les domaines prévus par l'article 11 ;
- Dissoudre l'Assemblée nationale, après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées. Les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution (article 12) ;
- Nommer aux emplois civils et militaires de l'État (article 13) et accréditer les ambassadeurs (article 14) ;
- Être le chef des armées et présider les conseils et comités supérieurs de la Défense nationale (article 15) ;
- Faire grâce à titre individuel (article 17) ;
- S'adresser au Parlement par des messages et, depuis 2008, prendre la parole devant lui réuni en Congrès (article 18) ;
- Exercer des pouvoirs exceptionnels lorsque les institutions, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux sont menacées de manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est interrompu (article 16).
Les actes du président sont en principe contresignés par le Premier ministre et, le cas échéant, par les ministres responsables (article 19). Plusieurs de ses actes en sont dispensés, notamment la nomination du Premier ministre, le recours au référendum, la dissolution de l'Assemblée nationale, l'usage des pouvoirs de l'article 16 et ses messages au Parlement.
Ce qui relève du Gouvernement et du Parlement
Le président ne gouverne pas seul. L'article 20 de la Constitution dispose que le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation, et qu'il dispose de l'administration et de la force armée. Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement (article 21). La loi est votée par le Parlement, composé de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Le Gouvernement est responsable devant l'Assemblée nationale, qui peut le renverser par une motion de censure (article 49). Le président de la République, lui, n'est pas responsable politiquement devant le Parlement : il ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat, la destitution étant prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour (article 68).
Majorité et cohabitation
Dans les faits, l'équilibre dépend de la situation politique. Lorsque la majorité de l'Assemblée nationale est du même camp que le président, le Gouvernement suit généralement sa ligne. Lorsque ce n'est pas le cas, le président doit nommer un Premier ministre capable de réunir une majorité : c'est la cohabitation. La France en a connu trois : de 1986 à 1988, de 1993 à 1995 et de 1997 à 2002. La réduction du mandat présidentiel à cinq ans, et la tenue des élections législatives juste après la présidentielle, ont rendu ces situations moins fréquentes.
Comment une promesse de campagne devient réalité
Selon la nature de la mesure promise, le chemin n'est pas le même :
- une mesure qui relève de la loi (impôts, retraites, droit du travail, par exemple) doit être votée par le Parlement ;
- une mesure qui relève du pouvoir réglementaire peut être prise par décret du Premier ministre ou du président, selon les cas ;
- une modification de la Constitution suppose en principe l'adoption du même texte par les deux assemblées, puis un référendum ; le président peut aussi décider de soumettre le projet au Parlement réuni en Congrès, où il faut alors une majorité des trois cinquièmes (article 89).
C'est pourquoi les positions des candidats sur Votona décrivent ce qu'ils proposent, sans préjuger de ce qu'ils pourraient obtenir. Pour comparer ces propositions sujet par sujet, voir la liste des sujets ou le comparateur.